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Les sources à batterie ont-elles rattrapé le secteur ?

Pas de câble, pas de ligne à tirer, pas de décor à percer. En échange, une autonomie qui ne dépasse jamais deux heures à fond et un parc de blocs à gérer. Voici la division qui tranche, et le seuil où le secteur redevient plus simple.

MatérielMis à jour le 18 août 2026

La question revient à chaque prépa depuis dix ans, et la réponse changeait tous les dix-huit mois. Deux sorties récentes la relancent : l'Astera QuikBeam, un petit Fresnel de 20 W à batterie amovible, et le Nanlux Evoke 5C, une source de poche de 6 W étanche à l'immersion.

Je n'ai eu ni l'un ni l'autre sur un plateau. Ce qui suit raisonne sur les chiffres publiés, sourcés en bas de page, et sur une arithmétique que chacun peut refaire. C'est justement la partie utile : sur ce sujet, tout ce qui compte se vérifie avec une division.

Deux nouveautés, et ce qu'elles disent du marché

L'Astera QuikBeam est un petit Fresnel à zoom continu de 13 à 60°, annoncé à 20 W de consommation pour un équivalent 200 W tungstène. Il pèse 1617 g, il est donné IP65, il embarque du CRMX, et sa batterie QuikBrick se change à la main.

Le Nanlux Evoke 5C tient dans une poche : 160 g, 6 W, IP67 jusqu'à un mètre pendant trente minutes, batterie interne de 3,7 V et 1300 mAh, moteur à huit émetteurs, plage annoncée de 1000 à 20 000 K, IRC et TLCI donnés à 98. Prix public 219 dollars.

Sur l'équivalence tungstène, la prudence habituelle s'impose : un constructeur qui annonce « équivalent 200 W » parle d'éclairement en un point, pas de flux. Le QuikBeam concentre 20 W dans un cône réglable et sort un bon chiffre au centre. Posez une diffusion devant et l'équivalence s'évapore, parce qu'une toile intègre tout ce qui la frappe au lieu de mesurer un point.

La photométrie de l'Evoke 5C, elle, se contrôle en une ligne. Nanlux publie 2026 lux à 0,5 m et 496 lux à 1 m. La loi du carré inverse donne 2026 divisé par quatre, soit 507. Deux pour cent d'écart : la source se comporte comme un point, et vous pouvez extrapoler sans crainte, environ 124 lux à 2 m.

Ce que ces deux sorties disent du marché est plus instructif que leurs fiches. Personne n'a annoncé de 1200 W à batterie intégrée. La batterie progresse là où elle rentre, c'est-à-dire en bas de la gamme.

Une heure et demie, quelle que soit la taille de la source

Prenez quatre sources de classes très différentes et regardez leur autonomie à pleine puissance. L'Evoke 5C tient 50 minutes. Le QuikBeam tient 1 h 20 sur une QuikBrick. Le Titan Tube d'Astera, 48 W de consommation LED, tient 1 h 45. Un Aputure LS 600c Pro, 720 W, alimenté par deux blocs V-lock de 290 Wh, tiendra 48 minutes.

Aucune ne fait une journée. Aucune n'en fait même une demie. Et l'ordre de grandeur ne dépend pas de la taille de la machine, parce que la batterie est dimensionnée sur la source : plus elle consomme, plus le bloc est gros, et le rapport reste le même.

Les autonomies longues qu'on lit sur les fiches se lisent donc à l'envers. Astera annonce jusqu'à 20 heures sur le Titan Tube. Sa batterie fait environ 84 Wh, donc ces 20 heures correspondent à 4,2 W, soit moins d'un dixième de sa consommation à fond. Le chiffre est exact et il ne décrit aucun usage de plateau.

Autonomie à pleine puissance, quatre classes de sources Quatre barres horizontales comparant l'autonomie à pleine puissance sur un axe de zéro à deux heures. Le Nanlux Evoke 5C, 6 W, tient 50 minutes. L'Astera QuikBeam, 20 W, tient 1 h 20. L'Astera Titan Tube, 48 W, tient 1 h 45. L'Aputure LS 600c Pro, 720 W alimenté par deux blocs V-lock de 290 Wh, tient environ 48 minutes selon le calcul. Aucune source ne dépasse deux heures, quelle que soit sa puissance. Autonomie annoncée à pleine puissance, quatre classes de sources 0 30 min 1 h 1 h 30 2 h Nanlux Evoke 5C 6 W · batterie interne 4,8 Wh 50 min Astera QuikBeam 20 W · QuikBrick amovible 1 h 20 Astera Titan Tube 48 W · batterie interne 1 h 45 Aputure LS 600c Pro 720 W · 2 × 290 Wh V-lock 48 min (calculé) La batterie est dimensionnée sur la source : le rapport ne bouge pas avec la classe. Chiffres constructeurs Astera et Nanlux. La valeur Aputure est calculée (48 V / 720 W, 2 × 290 Wh).
Autonomie à pleine puissance, quatre classes de sources. Les trois premières valeurs sont annoncées par les constructeurs. La quatrième est un calcul : 580 Wh embarqués divisés par 720 W consommés.
Ce que dit le graphique. À pleine puissance, une source sur batterie donne entre trois quarts d'heure et deux heures, quelle que soit sa classe. La bonne question en prépa n'est donc jamais « est-ce que ça tient la journée », mais combien de changements de blocs, et qui s'en occupe.

Le calcul d'autonomie tient en une division

Heures d'autonomie égale watt-heures embarqués divisés par watts consommés. Tout le reste est une affaire de marge.

Sur l'Evoke 5C, le compte tombe juste. Sa batterie est donnée à 3,7 V et 1300 mAh, soit 4,81 Wh. Divisé par 6 W, cela fait 0,80 heure, donc 48 minutes. Le constructeur annonce 50 minutes. Le chiffre publié consomme donc la totalité de la capacité, sans rien garder pour le froid, le vieillissement des cellules ni les pertes du convertisseur.

D'où la règle que j'applique en prépa : je divise, puis j'enlève un cinquième. Un bloc V-lock de 98 Wh sur une source de 100 W donne une heure sur le papier et trois quarts d'heure sur le plateau. Par cinq degrés en extérieur nuit, comptez encore moins, et prévoyez la marge en blocs plutôt qu'en optimisme.

Sur une station d'énergie, la division est la même mais la perte est double. Une EcoFlow Delta 2 de 1024 Wh qui alimente un COB de 300 W donne 3 h 25 en théorie, disons 2 h 45 en pratique. La station sort du 230 V par un onduleur, et l'alimentation de la source le redresse en continu juste derrière. La conversion se paie deux fois.

Plus de câble : ce que ça change vraiment sur un décor

Le gain ne se lit pas sur une fiche technique. Une source sans câble, c'est une ligne qu'on ne tire pas, un passage qu'on ne balise pas, un décor qu'on ne perce pas et qu'on rendra dans l'état.

C'est surtout une source qu'on déplace en dix secondes. Sur un changement de lumière, c'est là que la journée se gagne : le tube qu'on repose ailleurs sans se demander d'où il est alimenté, la source qu'on tend à quelqu'un pour un contre à main levée, le petit projecteur qu'on cale dans une voiture. L'IP67 de l'Evoke 5C ajoute la pluie et l'eau à la liste des endroits où on peut le poser.

Reste une troisième voie qu'on oublie systématiquement : le PoE. Le QuikBeam s'alimente par câble réseau, jusqu'à 100 m depuis son injecteur. Un câble fin, le signal et le courant dans la même gaine, et aucune ligne de puissance à tirer jusqu'à la position. Ça ne fonctionne qu'à cette échelle de consommation. À cette échelle, ça règle le problème mieux que la batterie.

Sécurité. Cet article décrit une pratique de plateau et ne remplace ni une formation ni l'intervention d'un professionnel qualifié. Le raccordement à une installation, la mise en service d'un groupe et le câblage d'un coffret relèvent d'un électricien habilité. Une station d'énergie branchée sur un tonneau n'y change rien.

Le parc de batteries devient un poste à part entière

Le critère qui décide n'est pas l'autonomie, c'est de savoir si la batterie se change. La QuikBrick s'enlève à la main et revient à 80 % en 40 minutes. Celle de l'Evoke 5C est interne, celle du Titan Tube aussi : ces sources ne se relaient pas, elles se rebranchent.

La différence est brutale en organisation. Avec deux QuikBricks par projecteur, on tourne indéfiniment : 1 h 20 d'autonomie contre 40 minutes de charge, le compte est bon. Avec une batterie interne, la source retourne sur une multiprise entre deux positions. Le courant n'a pas disparu, il a déménagé vers la table de charge, et la table de charge est sur le secteur.

Ajoutez le transport. Les règles IATA ne laissent pas de place à l'interprétation : jusqu'à 100 Wh, la batterie passe en cabine sans formalité ; entre 100 et 160 Wh, il faut l'accord écrit de la compagnie, deux batteries de rechange au maximum, toujours en cabine ; au-dessus de 160 Wh, c'est interdit en bagage passager. Une QuikBrick d'environ 27 Wh voyage. Un bloc de 290 Wh part en fret, ou se loue sur place.

Sur une petite équipe, quelqu'un finit par passer une heure par jour sur les chargeurs. Ça n'apparaît sur aucun devis et ça se voit tous les jours.

Où je remets le secteur

Mon seuil, et je l'assume : en dessous de 50 W par source et pour moins de deux heures de feu, la batterie gagne sans discussion. Tout ce qui est accent, praticable, tube dans le champ ou source qu'on déplace en permanence n'a plus aucune raison d'être câblé.

Au-dessus de 200 W par source, ou dès qu'on tourne toute la journée à pleine puissance, ou dès qu'il y a plus de quatre ou cinq machines, le secteur reprend l'avantage. L'argument n'est pas technique, il est comptable et humain. Le parc de blocs et le temps de rotation coûtent plus cher que la ligne qu'on aurait tirée le matin.

Entre les deux, c'est le décor qui tranche. Distance à l'arrivée, possibilité de baliser un passage, et surtout la fréquence des déplacements, qui pèse plus lourd que les deux autres. Un décor où l'on bouge toutes les vingt minutes penche vers la batterie même à 150 W.

Il existe enfin une réponse intermédiaire, souvent la bonne : la station d'énergie. Silencieuse, sans échappement, elle alimente une distribution normale. Le catalogue en liste plusieurs, de l'EcoFlow Delta 2 à 1024 Wh à l'Instagrid ONE de 2,1 kWh et au Wattman de 10 kWh. Une station n'est pas une source à batterie. C'est un substitut de secteur silencieux, et sur un intérieur nuit elle règle plus de problèmes que les deux autres options.

Alors, rattrapé ? En bas de gamme, oui, et depuis un moment. Au-dessus de 200 W, la réponse est celle d'il y a cinq ans : on tire une ligne, ou on prend un groupe.

Sources

Questions fréquentes

Une source à batterie tient-elle une journée de tournage ?

Non, et aucune classe de source ne fait exception. À pleine puissance, les autonomies vont d'environ 50 minutes pour une source de poche de 6 W à 1 h 45 pour un tube de 48 W, et un projecteur de 720 W alimenté par deux blocs V-lock de 290 Wh tiendra environ 48 minutes. La batterie étant dimensionnée sur la source, le rapport reste le même quelle que soit la taille. Une journée sur batterie suppose des changements de blocs ou des recharges, et quelqu'un pour s'en occuper.

Comment calculer l'autonomie d'une source sur batterie ?

Divisez les watt-heures embarqués par les watts consommés, puis enlevez un cinquième. Un bloc V-lock de 98 Wh sur une source de 100 W donne une heure sur le papier et trois quarts d'heure en conditions réelles. Les chiffres constructeurs sont généralement calculés sur la capacité totale : la batterie de 4,81 Wh de l'Evoke 5C divisée par ses 6 W donne 48 minutes, et le constructeur annonce 50 minutes. Le froid, l'âge des cellules et les pertes de conversion se prennent sur votre marge, pas sur la leur.

Peut-on emporter des batteries de plateau en avion ?

Jusqu'à 100 Wh, la batterie voyage en cabine sans formalité. Entre 100 et 160 Wh, il faut l'accord écrit de la compagnie avant l'embarquement, deux batteries de rechange au maximum, et toujours en cabine. Au-dessus de 160 Wh, c'est interdit en bagage passager et le bloc part en fret. Une QuikBrick d'environ 27 Wh passe sans problème, un bloc V-lock de 290 Wh non. Les batteries de rechange ne vont jamais en soute, et leurs contacts se protègent.

À partir de quelle puissance le secteur redevient-il plus simple ?

En dessous de 50 W par source et pour moins de deux heures d'utilisation continue, la batterie gagne. Au-dessus de 200 W par source, ou dès qu'on tourne toute la journée à pleine puissance, ou au-delà de quatre ou cinq machines, la ligne secteur ou le groupe redeviennent moins chers et moins encombrants en organisation. Entre les deux, c'est la fréquence des déplacements et la distance à l'arrivée qui décident.

Une station d'énergie peut-elle remplacer un groupe électrogène ?

Sur de faibles puissances et de courtes durées, oui, et elle gagne sur le bruit à chaque fois. Une station délivre un stock d'énergie, pas une puissance illimitée : 10 kWh sur une charge de 3 kW font 3 h 20, quand un groupe tient tant qu'il reste du carburant. Pour un intérieur nuit avec quelques sources LED, la station est souvent la meilleure réponse. Pour un extérieur avec de grosses machines, le groupe reste le seul choix.

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